Échanges musicaux entre la France et la Grèce à l’aube du XXIe siècle, 1980-2010

Appel à communications

Les relations entre la Grèce et la France ont revêtu diverses formes à travers le temps. Elles ont permis non seulement d’influencer le développement sociopolitique et culturel des deux pays, mais surtout de nourrir de façon réciproque la création artistique.

À partir de la période médiévale avec Charlemagne, la prise de Constantinople au cours de la Quatrième croisade (1204 après J.-C.) et la fondation de plusieurs États francs dans l’Empire byzantin, en passant par le siècle des Lumières en France dont les idées essentielles se répandent dans un pays sous occupation ottomane, les échanges franco-grecs se concrétisent et prennent une tournure différente avec la Révolution française suivie de la guerre de l’indépendance grecque (1821-1830) et le mouvement du philhellénisme. Durant le XIXe siècle, la France contribue essentiellement à la projection de l’identité nationale des Grecs et à la mise en évidence de leur héritage antique (École française d’Athènes, découverte des deux Hymnes à Apollon…). Enfin, la musique française exerce une influence considérable sur les compositeurs grecs du XXe siècle, dont certains effectuent leurs études à Paris, alors que la musique grecque antique, traditionnelle et byzantine devient un sujet d’études approfondies pour des chercheurs français.

Si les relations musicales franco-grecques ont déjà été l’objet d’études diverses, comment peut-on les décrire à notre époque marquée par la globalisation ? À l’aube du XXIe siècle, et plus particulièrement durant les trente dernières années (1980-2010) où le langage musical évolue, entre autres grâce à la technologie (média et nouvelles technologies, musique électroacoustique, mixte, etc.), quelle est la nature des échanges musicaux entre la France et la Grèce ? Des compositeurs grecs de la nouvelle génération tels qu’Alexandros Markeas ou Georgia Spiropoulos trouvent à Paris, non seulement une opportunité d’approfondir leurs études, mais également un lieu d’évolution professionnelle. Comment leur rapport avec la France pourrait-il être défini ? Concerne-t-il principalement une recherche dans le domaine des connaissances technologiques ? Réciproquement, quel est le rapport des compositeurs français à la Grèce entre 1980 et 2010? Si on considère des œuvres telles queTrois prophéties de la Sibylle de Maurice Ohana, Cyclope de Betsy Jolas, Medea de Pascal Dusapin, ou encore la production de François-Bernard Mâche, peut-on en déduire que l’Antiquité grecque demeure une source d’inspiration inépuisable, ou peut-on également distinguer d’autres champs d’intérêt (actualité, musique traditionnelle, populaire, etc.)? Qu’est-ce que la Grèce apporte aux compositeurs français, qu’est-ce que la France apporte aux compositeurs grecs durant cette période? Quel est le rôle d’institutions telles que l’Institut français de Grèce (IFG) et l’IRCAM dans la promotion, la diffusion et la réception réciproque des œuvres grecques et françaises ? Quelles peuvent être, au niveau institutionnel, les perspectives actuelles de collaboration et diffusion de la création musicale entre les deux pays ?

Terrain encore peu exploré, le thème de cette journée d’études englobera de façon non exhaustive les axes suivants, afin de mettre en lumière plusieurs aspects du rapport musical entre les deux pays :

  • Musique et technologie : musique électronique, média, nouvelles technologies, œuvres et compositeurs.
  • Influences françaises et grecques sur l’œuvre des compositeurs grecs ayant effectué leurs études en France et de ceux qui y résident actuellement comme, entre autres, Georges Aperghis, Alexandros Markeas, Georgia Spiropoulos, Nicolas Tzortzis.
  • Présence pérenne de l’Antiquité grecque dans les œuvres des compositeurs français contemporains (opéra, musique de scène, etc.) – nouvelles interprétations et perception.
  • Autres sources d’inspiration relatives à la Grèce dans l’œuvre des compositeurs français.
  • Rôle des institutions (IRCAM, l’Institut français de Grèce, Universités grecques et françaises, festivals), des lieux de concert et des interprètes dans la diffusion et la réception réciproque des œuvres grecques et françaises dans les deux pays.
  • Présence de la musique traditionnelle et de la musique populaire grecque auprès du public français et échanges autour de la musique expérimentale et improvisée. – Nouvelles interprétations et perception de la musique byzantine (Marcel Pérès, Alexandros Lingas)
  • Aspects de l’œuvre et de l’activité de Iannis Xenakis de 1980 à sa mort.

Les propositions de communication (250 mots) suivies d’un bref CV (200 mots), les coordonnées électroniques de l’auteur, ainsi que l’indication de son institution de rattachement sont attendues avant le 10 février à l’adresse suivante: relmus.fg@gmail.com. Les résultats seront communiqués par voie électronique avant le 10 mars 2018.

Keynote speakers

  • Pierre Couprie
  • Cyrille Delhaye

Comité d’honneur

  • Danièle Pistone (Professeure émérite, Sorbonne Université – IReMus)
  • Jean-Pierre Bartoli (Sorbonne Université – IReMus)
  • Katy Romanou (Université Européenne de Chypre)
  • Cécile Auzolle (Université de Poitiers- CRIHAM, IReMus)

Comité scientifique

  • Andriana Soulele(RelMus/FG, Université de Poitiers- CRIHAM)
  • Lorenda Ramou(RelMus/FG, Centre Culturel Onassis Athènes)
  • Anne-Sylvie Barthel-Calvet (Université de Lorraine-CRULH, Labex GREAM-Strasbourg, IRCAM équipe APM, RelMus/FG)
  • Sylvie Douche (Sorbonne Université – IReMus)
  • Christophe Corbier (CNRS – IReMus)

Comité d’organisation

  • Andriana Soulele (RelMus/FG, Université de Poitiers- CRIHAM)
  • Lorenda Ramou (RelMus/FG, Centre Culturel Onassis Athènes)
  • Anne-Sylvie Barthel-Calvet (Université de Lorraine-CRULH, Labex GREAM-Strasbourg, IRCAM équipe APM, RelMus/FG)
  • Haris Xanthoudakis (Professeur émérite – Université Ionienne, Centre de recherche et de documentation du Conservatoire d’Athènes)
  • Théodora Psychoyou (Sorbonne Université – IReMus)