Analyser la musique mixte

Sous la direction de Alain Bonardi, Bruno Bossis, Pierre Couprie, Vincent Tiffon

La musique mixte, mêlant sur scène des instruments/voix et des sons électroniques, riche de plus d’un demi-siècle d’histoire, reste méconnue à plusieurs titres. En 2012, des compositeurs, interprètes et musicologues se sont réunis à l’Ircam sous l’égide de la Société Française d’Analyse Musicale pour exposer leurs résultats sur l’étude des musiques mixtes. L’analyse musicale a trouvé dans cette pratique artistique un objet complexe, faisant coexister deux mondes sonores et deux types de notations. De ce matériau musical émergent de nombreuses difficultés d’interprétation, la multiplicité des paradigmes technologiques, l’obsolescence rapide des moyens techniques impliqués. Comment rendre compte de ces œuvres mixtes sans les réduire tantôt à des partitions, tantôt à des traces sonores ? Quelles méthodes d’analyse et quels outils de représentation privilégier pour les comprendre ?

Cet ouvrage reflète une partie des recherches développées lors de cette rencontre scientifique. Il réunit aussi bien des approches méthodologiques variées (Lalitte, Boutard et Féron, Couprie : partie 1), qu’une synthèse programmatique (Orcalli : partie 4). D’autres auteurs se sont efforcés de décrire d’une part, des contraintes spécifiques des moyens de production électronique (Bonardi, Baudouin, Akkermann, Sprenger-Ohana : partie 2) et, d’autre part, des engagements esthétiques différents selon le corpus (Dack, Solomos, Cabanes, Cossettini et Orcalli : partie 3).

L’ensemble de ces textes ne peut répondre à lui-seul à la question posée : comment analyser la musique mixte ? Les auteurs et les co-responsables de la publication de ces actes posent quelques jalons venant nourrir cette réflexion. Penser et faire l’analyse de la musique mixte, c’est aussi repenser l’historiographie de la musique mixte, reconsidérer le poids des « technologies nouvelles » et anciennes, réactiver la collaboration nécessaire entre ceux qui créent et ceux qui transmettent, compositeurs, collectifs d’artistes, interprètes, réalisateurs en informatique musicale, musicologues, pédagogues.

Textes de : Philippe Lalitte, Guillaume Boutard, François-Xavier Féron, Pierre Couprie, Alain Bonardi, Olivier Baudoin, Miriam Akkermann, Noémie Sprenger-Ohana, John Dack, Makis Solomos, Gilles Cabanes, Luca Cossettini et Angelo Orcalli.

Achat en ligne (version papier et ebook)

EuroMAC 2017

Le IXe congrès européen d’Analyse musicale (IXe CEAM – Euromac 9) se tiendra à  Strasbourg du 28 juin au 1er juillet 2017.

Il est organisé par le laboratoire d’excellence GREAM(Groupe de recherches expérimentales sur l’acte musical) de l’université de Strasbourg, la SFAM (Société française d’analyse musicale) et le laboratoire IReMus(UMR 8223 – Institut de recherche en musicologie), sous l’égide de l’ensemble des sociétés européennes d’analyse musicale.

Ce congrès ambitionne de constituer un événement scientifique de première importance dans le champ de l’analyse musicale et les champs qui lui sont associés. Il réunira des chercheurs du monde entier autour de personnalités éminentes et de conférenciers pléniers prestigieux : Robert Cogan (New England Conservatory of Music, Boston), Jean-Pierre Bartoli (Sorbonne, Paris) et Marie-Noëlle Masson (SFAM).

Renseignements

Une expérience de captation et d’analyse de l’interprétation acousmatique

Nathanaëlle Raboisson, MotusLab, Compagnie musicale Motus
Pierre Couprie, IReMus, Université Paris-Sorbonne

Cet article présente la collaboration entre la compagnie musicale Motus et l’Institut de recherche en musicologie (IReMus) sur l’analyse de l’interprétation de la musique acousmatique. Cette étude systématique a nécessité le développement de deux logiciels dans l’environnement Max pour la captation et l’analyse des interprétations. Sur le plan musicologique, ces logiciels ont permis de préciser les caractéristiques d’une interprétation acousmatique. Les logiciels se sont aussi avérés être particulièrement adaptés à un usage pédagogique dans la formation des jeunes interprètes. Enfin, cette étude a mis en évidence de nouvelles perspectives dans le domaine de la captation et de l’étude de l’interprétation acousmatique.

Télécharger l’article : https://jim2017.sciencesconf.org/data/Nathanaelle_Raboisson2017aa.pdf

ONE – Live @ JIM 2017

Jeudi 18 mai – 19h30
Auditorium de l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC) – 4 Place Jussieu, 75005 Paris
Métro : Jussieu

Renseignements

L’Orchestre national électroacoustique – ONE est né d’une rencontre qui ne doit rien au hasard, celle de musiciens venus d’horizons très différents mais qui partagent un même intérêt pour le geste musical et la même volonté de croiser jeu instrumental et réflexion théorique. Jouant d’instruments originaux, ils inventent une musique numérique vivante et contrastée. Leur virtuosité d’écoute et de compréhension du texte musical révèle non seulement un jeu avec le son mais pour le son. Ainsi, ils convoquent du bout des doigts et de concert, des paysages changeants inspirés des sons instrumentaux, électroniques… et des sons de la nature.

avec Laurence Bouckaert (Karlax), Pierre Couprie (laptop et contrôleurs), Hugues Genevois (Calliphone et Meta-Mallette), Vincent Goudard (Filigramophone), Jean Haury (Méta-Piano), Serge de Laubier (Méta-Instrument)

Emanata – Performance électroacoustique et visuelle

 
Vendredi 12 mai à 18:00 – 19:00
Ecole d’art Janine Haddad, 5 Route de Garges, 95200 Sarcelles
 
Avec : Laurence Bouckaert, Pierre Couprie, Francis Larvor, Ma Zhong Yi
 
Les Phonogénistes improvisent depuis le début du millénaire avec l’idée de liberté sonore et d’exploration des nouvelles lutheries. Laurence Bouckaert, Pierre Couprie et Francis Larvor sont compositeurs de musique Electroacoustique et enseignants, entre autres…

L’humour en musique, et autres légèretés sérieuses depuis 1960

Sous la direction d’Étienne Kippelen

L’humour en musique n’a pas bonne presse. Labile, futile, anecdotique, il a régulièrement été vilipendé par certains philosophes et compositeurs de la modernité – Schopenhauer, Adorno, Varèse et Boulez en tête – tandis que d’autres, moins nombreux, y voyaient l’essence même de l’art, une légèreté sérieuse (Schlegel, Bergson, Jankélévitch). Après une période de déni, consécutive à la Seconde Guerre mondiale, l’humour musical se manifeste dans un nombre croissant de créations depuis quatre décennies, chez de multiples compositeurs comme Mauricio Kagel, György Ligeti, Luc Ferrari, Luciano Berio, Bruno Maderna, Arvo Pärt, Régis Campo, etc.

Tout en établissant une esthétique de l’humour musical, les quatorze articles réunis dans ce volume tentent tout d’abord d’en éclaircir ses principales nuances et de caractériser ses nombreux cousinages, avec le comique, la satire, la parodie, l’ironie. Un deuxième temps est consacré à l’étude du rire musical, développé à travers toutes ses particularités. Sans être toujours attaché à l’humour, il engendre de nombreuses significations secondaires : la peur, la folie, le désespoir. La dernière partie aborde l’esthétique de la satire, qui noue à travers le détournement de citation de riches intertextualités. Y sont également abordé les liens profonds qu’entretiennent l’humour et ses dérivés avec les évolutions de la société post-industrielle.

http://presses-universitaires.univ-amu.fr/lhumour-musique-autres-legeretes-serieuses-1960-1

Table des matières

  • Préface : « Le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter. », Étienne Kippelen

Paysages de l’humour musical

  • Musique, humour consensuel et postmodernité, Jacques Amblard
  • « Entre nous, est-ce que vous croyez sincèrement à la musique “humoristique” ? », Benjamin Lassauzet
  • L’humour est-il soluble dans la musique électroacoustique ? Petite quête musicale à la recherche d’un humour sonore…, Pierre Couprie
  • Musique savante et humour : les gurations de l’image sonore aux xxe et xxie siècles, Pierre Albert Castanet

Le rire musical

  • Micromégas, ou le rire musicalisé, Aurélie Allain
  • Les (en)jeux de Cries of London de Luciano Berio, Jean-Jacques Bénaily
  • La diva qui riait : Cathy Berberian, le rire et l’humour dans la musique des années 1960, Stéphan Etcharry

De l’humour musical à la satire sociale

  • Acceptions du comique dans Ubu Rex de Krysztof Penderecki : liation et interrogation du modèle bergsonien, Lionel Pons
  • Humour et satire chez György Ligeti, Étienne Kippelen
  • Le Satyricon de Bruno Maderna et l’humour, Olivier Class
  • Frankie, Are You Kidding? L’humour selon Frank Zappa, Juliette Boisnel
  • Peines d’amour perdues de Nicolas Nabokov : un exemple d’humour musical dans l’opéra, Vincent Giroud
  • « L’amusement cesse avec l’humour » : la Battaglia alla turca de Tilo Medek, Viviane Waschbüsch

ONE en concert

ONE – Orchestre National Electroacoustique
Samedi 11 mars 2017
19h30
Université Pierre et Marie Curie
Amphi 25

ONE est né d’une rencontre qui ne doit rien au hasard, celle de musiciens venus d’horizons très différents mais qui partagent un même intérêt pour le geste musical et la même volonté de croiser jeu instrumental et réflexion théorique. Jouant d’instruments originaux, ils inventent une musique numérique vivante et contrastée. Leur virtuosité d’écoute et de compréhension du texte musical révèle non seulement un jeu avec le son mais pour le son. Ainsi, ils convoquent du bout des doigts et de concert, des paysages changeants inspirés des sons instrumentaux, électroniques… et des sons de la nature.

Chaque musicien s’est fabriqué son « instrumentarium ». Leur musique improvisée ou écrite est toujours jouée en live. A cette musique s’ajoute de l’image générée, organisée et traitée elle aussi en temps réel. En duo, en trio, en tutti, celle-ci vient mettre en lumière l’énergie sonore déployée par chaque instrument(iste) pour aider l’oreille à suivre la circulation du son, et convier le public à l’intérieur même de cet équilibre fragile qui se joue entre les musiciens qui composent, s’interposent, se superposent dans l’immédiateté du jeu improvisé.

Karlax Laurence Bouckaert // Flûte augmentée Pierre Couprie // Calliphone et Meta-Mallette Hugues Genevois // Filigramophone Vincent Goudard // Méta-Piano Jean Haury // Handsonic György Kurtág // Méta-Instrument Serge de Laubier

Regards sur les musiques mixtes

Portraits Polychromes – Hors série n°23
INA – 2017
Sous la direction de Marc Battier

Dans le développement de la musique électroacoustique, les musiques mixtes occupent une place particulière. Il ne fut certes pas aisé aux pionniers d’associer de façon harmonieuse les instruments sur scène et les sons projetés par les haut-parleurs. Il ne fut pas non plus aisé aux instrumentistes de jouer aux côtés de ces sources sonores invisibles. Il s’agit pourtant d’un enjeu primordial : donner à la musique électroacoustique un aspect visible, elle que, dans les premiers temps, on nommait « musique sans instruments ». Avec l’évolution des techniques et des pensées musicales, les musiques mixtes ont trouvé leur place et, avec elles, les concerts jusque-là fermés aux « sons arti ciels » s’ouvrirent à ce genre nouveau. C’est là le succès indéniable des musiques mixtes : elles réconcilient l’orchestre et son univers avec les formes sonores issues de l’expérimentation et de la recherche.

Sommaire :

  • Esquisse d’une taxonomie des musiques mixtes, par Daniel Teruggi
  • La musique électroacoustique mixte : interactions entre le « réel » et le « virtuel », par John Dack
  • Poésie pour pouvoir (1958) : l’origine de la « musique mixte » dans l’œuvre de Pierre Boulez, par Aï Higashikawa
  • Une Saison en enfer de Gilbert Amy : une lecture musicale d’Arthur Rimbaud, par Bruno Bossis
  • Les dernières Heures de Stockhausen : processus et accidents dans les œuvres mixtes de Klang, par Brice Tissier
  • L’espace et le temps : une gestuelle traditionnelle de l’Extrême-Orient transcrite dans la contemporanéité de l’Extrême-Occident, par Lin Ni Liao
  • La musique mixte comme extension de l’interculturalité, par Marc Battier
  • Le Trio de synthétiseurs GRM Plus (TM+), par Yann Geslin
  • Trio TM+ : premières explorations, par Denis Dufour
  • Du Trio GRM+ à TM+, par Laurent Cuniot
  • Le quatuor à cordes face à un environnement électronique, par Philippe Lalitte
  • Une vision de ma création musicale, par Daniel Teruggi
  • Une mise en œuvre de la musique mixte, par Gilles Racot
  • Les écritures des musiques informatiques mixtes à la lueur des sources documentaires, par Laura Zattra
  • L’analyse de la musique mixte : vers une redéfinition des « workflows » en musicologie, par Pierre Couprie

 

Représentations graphiques de Sud de Jean-Claude Risset

Il y a 15 ans, j’avais réalisé pour le Groupe de Recherches Musicales de l’INA une représentation graphique complète de Sud de Jean-Claude Risset. Elle avait été publiée en ligne dans un Portrait Polychrome qui lui était consacré. Il y a 2 ans, à l’occasion de mon HDR, j’ai décidé de refaire ces représentations avec mon logiciel EAnalysis afin de montrer sa flexibilité et rendre ces représentations plus pérennes. En effet, la publication du GRM avait été réalisée avec Shockwave et risquait de ne plus être compatible avec les systèmes récents. Les voici en vidéo et en intégralité.

Bien sûr, il est toujours possible de les télécharger en format EAnalysis sur la page du logiciel afin de les modifier : http://logiciels.pierrecouprie.fr/?page_id=402

De même, vous pouvez télécharger ces représentations en format image sur HAL : https://hal.archives-ouvertes.fr/search/index/q/Pierre+Couprie/sort/producedDate_tdate+asc/authIdHal_s/pierre-couprie/docType_s/IMG/

Sud de Jean-Claude Risset, partie 1

Sud de Jean-Claude Risset, partie 2

Sud de Jean-Claude Risset, partie 3